amazigh new

amazigh new

tanghift



Tangguift n Taghjijt



Tangguift ou « les chants de mariage » chez les Ichelhyins de Taghjijt*


Akki-d nezzwur ay isem n Rebbi
Abismi besmi llah urraHeman rraHim
Kan izwar uduku n merrakech ilHzamin
Innaten ubnnay ibnnan timesray
Innaten umHdar ad yusin lqlem s talluHt*
Innaten umHdar ad n ibdan gh talluHt .
zayd aylli adam ifteH rebbi
sidi Hemad umusa gid adar zewuragh
gid adar zwuragh gid afus zwuragh
alalla fatima kmmin d saydna 3li
kmmin d saydna 3li kamu ikfa Rebbi zin
immanw amma taHeninit gigh helli darem
ajjig n remman ibsan iddu Dren
illiHenna talHbaqt ijjan
i3lan illan gh uflla
aSSalHin ula lawliyya tas3d n illi
aSSalHin ula lawliyya ka sa n-zigiz
alacheyakh n darnegh rewaHt ukan ad nmun
ala 3nayt tattuy tellan gh uflla n rekab
anchawr mulay bayyi ma yinna bu rekab
rebbi adaneghed igan tghawsanegh darun
tghawsanegh tinnun, taghawsannun ti n Rebbi
annigh tigidarad nnrgh timmit ayad
abark llah atigidar nayt- darnegh
lkmeghed ilmma tiwghza linw;
gh rebban aytma tajda3in.

sligh ilmluk ignewan zayd balak
aglid rayzri dar wayyaD ra yiSreSa.
immiHenna wuli maf nezigh?
Arraw n tajda3in ka yinzzan,
Ismegan ignawn ka yinzzan.
rewaHt-ak an nag asaghar;
is ibsa ujig lli gis?
Igh ibsa tizewa ad isawal,
Nkkin ijlan nekef idrareni
Isagh laH luDa d uzaghar
imdgiwn n rebbi Dif llah tilHbaqqin
slam 3likum awid nufa
gh imi ugadir ad nez3em nit
brkamt atis3diyyin
annigh nit mrHeba idrusanegh
igh idrus nezayd wayyaD
id is ur tfreHmet ad urrigh
ullah ar nfreH itjanat (tislit)
mani ikka uDggal urd yuggi?
Arawn itssu tigDifin
Ghid-laStewan zuzwanin
AHanu yad aHanu iylli
Isus3at rebbi d wallit ibnan
Magha tagulen sa Tleba tilwaH
AHanu yad aHanu iylli
Ur yad igi wi n tuchreka
Righ at ik baba kint aytema
SsifeD atagh ayiDuan negh
SsifeD atagh ya gug ugharas
Neflen tazzanin kullu meZZiynin
Nflen ak lHsen d lHusayn
inna yam babam ata3ryyalt
tisuranw aylli magh llant?
tisura n baba ur tnet zrigh
iggi la3dubat agh nit llant
kfatas reDa nnun alwalidin
tdit aylli adam ifteH Rebbi.
ayangud n sreHan awyat i-Rebbi chur
agwzd ayayyur ghiDaD akwn righ
anghmu iylli tiDuDin lins
sa tbessa lHbaq gh izreza waman
lizar ur lsigh ghiDaD iHreg-it
aduku ur qinegh ghiDaD ibbi nit
aymma ktid awr tremit
igh n-luH taggatin gh usarag
3meda mas madasen sul innan?
Nikred aTTuDDat had aman reghan.
breH s ubrraH kra mu chigh,
tameghrans ad achkin s ti yilli.
Gma Henna ayad ighran iynna
Righ ayyi tbidemt ayistema
Nbddak ibddak mulana
Ula muHemed aywis iymmi
inas igmam aykrez immuddu
illi tHurra tusi tigwmmins
smdudi Snadiq aya3yyal
ayrDu ismeg ula tawayya
aggwamed aggwamed a-tilli nanin
ur iTTaf baba yat ultmas
atzrimt azar ur yuf l3ar
Le texte que je présente ici est « tangguift » de aît Tghejijt. Tangguift c'est les rituels de mariage. Le mariage chez les chleuhs comme d'ailleurs à tout le Maghreb, est un carrefour de valeurs sociales, juridiques, affectives et morales. C'est un jour que tout le monde attend au moins une seule fois dans sa vie. « Le mariage devient une institution juridique réelle, surtout si la femme est soumise aux opérations d'échanges. Le mariage est une obligation pour tout homme et le destin inévitable de toute femme, vu que la force de la communauté tribale repose sur la famille. »1
Avant de commencer à commenter ce texte, il faut rappeler que la coutume berbère réserve une grande place pour la femme au sein de la société amazigh.
La femme en tamazight se dit : « tamghart » c'est-à-dire la cheftaine. Le mot tamghart vient de mot amghar qui est le délégué ou le chef de la tribu.
En cas de divorce, la coutume berbère donne le droit à la femme de partager la maison avec son mari. Surtout si elle a aidé à la construction de la maison. Ce que l'on trouve dans le droit coutumier, dans la région de Souss sous le nom de tamazzalt, qui consiste dans la répartition entre les époux des biens acquis durant la période du mariage.
« Ce qui est indéniable par contre, c'est que le mariage chleuh est une société de production égalitaire, où chacun ayant droit, femme comprise, apporte son capital et son travail. Le capital de la femme, c'est le jihaz*, et sa part d'acquêts la tizzla*. Rien de pareil en pays arabe. »2
Il est vrai que la loi de tamazzalt on ne le trouve pas dans aucun pays arabe. Même dans la Chariaa. Et la nouvelle moudawwan marocaine vient d'appliquée cette loi dans le nouveau code de la famille au Maroc.
Lyautey n'a pas manqué l'occasion de parler de son admiration de la coutume amazigh, et la démocratie chez les imazighen. « Ce que caractérise une civilisation berbère c'est l'esprit démocratique et municipal, tout un ensemble de coutumes, enfin et surtout, l'usage de la langue berbère.»3
On a bien dit que le mariage chez les chleuhs, est un carrefour de valeurs sociales, la première de ses valeurs est l'honneur. « La femme amazigh comme d'ailleurs toutes les femmes méditerranéennes est intimement liée à la notion subjective de l'honneur. »4 Plusieurs passages dans le texte nous montre clairement l'importance de l'honneur chez les amazigh surtout la nuit de noce. On trouve dans le texte la question que le père de la mariée à poser à sa fille la nuit de son mariage en disant : « tisuranw aylli magh llant? »(Ou sont mes clefs ma fille ?), Il veut dire est-ce que tu as protégé notre honneur ?
Il faut noter aussi que le texte n'est pas oublié n'en plus la religion, d'ailleurs tangguift commence par le nom de Dieu, la protection de Dieu et celle du Prophète Mohammed. Mais ce qu'il faut noter surtout c'est l'influence de chiisme dans la société amazigh, dans le texte on a parlé de Ali « l'imam chiite » qui était le troisième calife parmi les quatre califes bien guidés « al-khulafa' arrachidin », et le père de Hassan et Lahoucine. On parle ainsi de Fatima qui est la femme à Ali.
Dans le texte on trouve beaucoup de passage qui parlent du culte des saints ou le maraboutisme « attaqarrubu ila l-awliyya wa l-aDriha ». on cite « sidi Hemad umusa gid adar zewuragh », « aSSalHin ula lawliyya tas3d n illi » « aSSalHin ula lawliyya ka sa n-zigiz », « alacheyakh n darnegh rewaHt ukan ad nmun ».
J'ai recueilli ce texte « tangguift » cet été 2006, récité par mère à Id-aws3id Taghjijt..
* Taghjijt est une oasis à 200km au sud d'Agadir. Entre Bouizakaren et Tata.
* tilwaH : pluriel de talluHt il s'agit d'une planchette en bois sur laquelle l'étudiant de l'école coranique calligraphié les versés coranique pour la prendre par c½ur.
* Sidi Hmad umusa : un célèbre saint du sud marocain du Tazreoult à coté de Tafraout.
* Lalla fatima : Fatima Zahra la fille de Prophète Mohammed qui est la femme à Ali B. Abi Talib.
* Ali : le troisième « Kalifs Rachidites » les califes bien guidés. L'imam spirituel des chiites.
* Lahcen et Lahoucine : Lahcen c'est la déviation de Hassan. Donc il s'agit de deux fils de Ali b. abi Talib.
1-BEN CHIKH Amina, « La femme amazigh entre le droit coutumier et la modawana », Journal le Monde Amazigh, N 55, Rabat, 15 décembre 2004.
* jihaz : apport des biens propres de la mariée dans la communauté.
* tizla : tamazzalt, la dévouée.
2- BERQUE Jacques, Structures sociales du Haut Atlas, Presses universitaires de France, Paris, 1955. P 344.
3- LAFUENTE Gilles, La politique berbère de la France et le nationalisme marocain, L'harmattan, Paris, 1999. P 19.
4- BEN CHIKH Amina, « la femme amazigh entre le droit coutumier et la modawana », Journal le Monde Amazigh, N 55, Rabat, 15 décembre 2004.
# Posté le samedi 02 août 2008 16:35

amazigh live anouarelidrissi@hotmail.com

amazigh live anouarelidrissi@hotmail.com
Histoire :
La tribu d'ID BRAHIM est une des grandes tribus du sud marocain et l'une des tribus de la confédération “ Tekna ”, les orientalistes en parlait déjà depuis le XIIX siècle.
Les “ ID BRAHIM ” étaient des nomades d'origine de la vallée de “ Oued Noun ” ou ils s'étaient installés depuis le XV siècle, ils se sont déplacés vers “ Tagmout ” , l'une des localité de la célèbre ville saharienne “ Touat ” en Algérie, puis enfin , ils ont fini par se sédentarisés à “ Tekna ” au sud du Maroc et surtout dans l'oasis de Taghjijt.
Les “ Id Brahim ” sont constitués des fractions suivantes :
Id Brahim autochtones :Id Saïd Oubrahim, Id Saïd Oulahssen
Id Brahim, les convertis : Imazighen, Idbllahmou, Id Hirran, Id Moussa, Idaoulggan, Id bounaïdoum, Id Laïtus, Ait Ouahman, Id Abdelkader...
Id Brahim, Les alliés : (LANSAS ) : Id Boudi, Id Boujdid, Id Bouâachra...
L'organisation de la tribu :
Vu l'ethnographie diverse de la tribu, La “ Tajmaât ” constituée de (24) membres appelés “ Infllas ” selon le célèbre berbériste français “ De la Ruelle ”, a mis en ½uvre des statuts écrits appelés “ Izerfans ” pour sécuriser la région.
Géographie :
Le pays d'Id Brahim est entouré de la célèbre chaîne montagneuse appelée “ Bani ” faisant partie de L'Anti-atlas .
La région est parcourue de Oueds désertiques comme : Oued Siad, oued Mait...
Le climat de la région est semi- saharien, la pluie rare et la température atteint parfois 48° en été.
La région est connue pour ses célèbres dattiers aux fruits succulents.




# Posté le samedi 02 août 2008 16:33

imazighen

imazighen

Azul ce comité est fait par militants amazigh et familles détenus,et Mhamed Khouya n'est qu'un virus qui fait le role de DST pas plus.C'est le comité n imazighen qui bouge sur le terrain et et c'est le comité qui fait tout,pour les communiqués sans base ni mass populaires,c'est Mhamed KHouya qui les fait.Pourquoi vous n'etes pas présenté Mr Mhamed Khouya et Attac,association amal n Dades devant tribunal,vous voulez rendre la cause amazigh une cause du neige.Ce comité est un base pas de zanifi,c'est une base des militans amazighs cadres associatifs,association azemz,association tudert msemrir,association tankra tinghir,coordination ayt ghighuc,coordination MCA ,association Tilelli Guelmima ,EMCAB Bumal n Dades,Khemis n Dades,Klaa n Imgun,warzazat ...et individus bien connu sur terrain et pas sur communiqué et papiers...au dessus info comité avec fotos avec drapeau amazigh et pas ce lui de palestine ni celui de iraque!Et prochainement un espace presse tamazgha verra le jour et on te quite ton espace qui fait que du role police que militant !appel aux amazigh de quitter espace PAD presse,et rejoindre notre espace ce mr Khouya Mhamed est douteux !
--
Lettre information de comité du soutien des détenus politiques du soulévement noir Bumal n Dades le 06/01/2008:




Comme prévu,un sit-in a lieu devant le tribunal du Warzazat qui vient de rapporter le jugement au 21/02/2008 pour permettre aux autres avocats venant d'etranger,union european ,de venir en aide et soutenir les détenus politiques soulévement "Tagrest n Imazighen" .Une centaine du personnes,venaient soutenir répondre à l'appel de comité soutien des détenus politiques amazighs,et comité des familles des détenus.Le comité tient à remércier ,les éléves MCA Warzazat ,Membres association Azemz Bumal n Dades,Association Tamlalte Ayt Sedart ,La coordination Ayt Ghighuc,Association Tudert Amsemrir...Pour leur egagement sur terrain. Comme d'habitude quand il s'agit de la cause amazigh,le tribunal est entourée de tous les forces de" l'ordre" ,force auxilaires,polices...Ce qui montre c'est une cause amazigh,et ce n'est pas une affaire des jettes des piérres ni du neige!On a besoin gents sur terrain,le soutien sur papiers avec cadres vides de dans sans base ca sert à rien!"iwda n tnaka"





Comité de soutien
Du soulévement noir
Bumal n Dades
Fait le 11/01/2008
Ulac smah ulac!
Afus g ufus Amazigh illa g ufus


Bumal n Dades:Fotos sit-in Warzazat 07/02/2008.Audience rapportée au 21/02/2008


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# Posté le samedi 02 août 2008 16:30

amazigh 100/100 anourelidrissi@hotmail.com

amazigh 100/100 anourelidrissi@hotmail.com

"Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots." Martin Luther King
"Une société se définit en partie par ses origines, son histoire, son évolution, certains évènements marquants ainsi que le font les individus" et c'est ce que l'on appelle "la mémoire collective". Les origines, l'histoire et l'évolution de la société dont il est question ci-dessus sont souvent déformées, falsifiées, pour justifier, manigancer, comploter, une réalité qu'il ne s'agit plus d'aborder d'un point de vue rationnel lucide qui ne manque pas de secouer les esprits des idéologues de la société qui sont généralement des démagogues à qui incombe la fonction de légitimer les prises de position, les lignes de conduite et les orientations de l'action sociale adoptées ou imposées. En effet, "la mémoire collective n'est pas nécessairement l'histoire des historiens, bien qu'elle s'en inspire. Mais elle doit simplifier, résumer, élaguer, déformer, mythifier le passé; à cette fin elle recourt abondamment au symbolisme" et ce "symbolisme qui confère à l'homme son pouvoir sur le monde n'est cependant pas le résultat d'une évolution biologique, mais aussi d'une évolution sociale. Ce n'est que par l'interaction sociale que l'homme a pu développer son aptitude à manier le symbole, tandis que la société se faisait comme le dépositaire des symboles accumulés."Une fois un symbolisme social rôdé, enraciné, ancré, bien consommé, au sein de la société, il est difficile de l'en déloger sous peine d'orage et de terrorisme intellectuel".

Le symbolisme qui a consisté, pendant des décennies, à marginaliser la culture et la langue amazighes en les rangeant parmi les restes de l'histoire au nom d'un idéal que l'on a sorti magiquement de sa poche et qui ne repose pas sur des faits réels et solides, qu'ils soient sociaux ou historiques, n'est que des croyances et des dogmes courants chez certains individus de la société qui ne se donnent même plus la peine de leur trouver des bases rationnelles qu'ils jugent inutiles. Afin de démystifier, secouer et déloger ces idées négatives envers le tamazight, notre langue nationale, il n'y a qu'à agir dans le sens inverse car comme le dit le proverbe amazigh "unna ifestan hat ira", "Quiconque se tait, fait v½ux de consentement."

Le tamazight est avant tout une langue, une culture, qui est "un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisées, qui étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte. "Une fois un individu passé par le moule d'une culture durant ses années d'enfance, il ne peut plus être attaché qu'à la culture qui l'a produit sous peine d'aliénation et de conditionnement artificiel, sans que cela l'empêche cependant d'être ouvert à d'autres cultures et même s'y intéresser.

Dans un univers qui a toujours été pluriel de tout point de vue, ethnique, linguistique, culturel, à l'image de notre société, il est primordial de cultiver la tolérance car " la question du pluralisme semble en effet devenir une partie des tâches et des énigmes de la civilisation elle-même". C'est donc une chance pour nous de nous retrouver avec une pluralité de langues dont le tamazight est la plus ancienne et la plus apte à nous raconter notre histoire. Sa vivacité, son dynamisme et le fait de la voir encore vivante parmi nous après tant d'épreuves, est une preuve éclatante qu'elle n'a rien perdu de sa vitalité à défier le temps et les civilisations.

Les cultures se sont confrontées, se sont mêlées, se sont fécondées, à un degré jamais atteint jusqu'ici. Ce fait est une nécessité car, comme le dit si bien le célèbre généticien Albert Jacquard, "il en est de même des cultures comme des organismes vivants; isolées, renfermées sur elles-mêmes, elles s'atrophient, perdent tout dynamisme créateur, se contentent de répéter inlassablement les mêmes recettes et s'effondrent dans l'autosatisfaction et l'intolérance. Confrontées à d'autres, elles peuvent se transformer, s'engager dans de nouvelles aventures, explorer d'autres possibilités." Par conséquent, l'uniformisation d'une société dans une culture et une langue uniques en marginalisant les autres, l'élimination programmée d'une dimension culturelle et linguistique nationale, ne peut que conduire à l'appauvrissement de notre société à un degré tel qu'elle ne pourra plus se revitaliser pour affronter les réalités plurielles du monde.

Il est donc trompeur de déclarer comme le fait, dans un élan mystique qui ne repose sur aucun fait réel, l'auteur des lignes ci-dessous en affirmant que "les dédoublements conflictuels sur les terrains culturels, allument assez rapidement un incendie politique dans la bâtisse. " C'est le contraire qui est vrai. C'est plutôt l'uniformisation forcée, qui aliène les individus de la société en les contraignant à être ce qu'ils ne sont pas, l'appel à la haine entre les citoyens, qui risquent de provoquer des embrasements politiques sanglants. En effet, l'appel à l'uniformisation et à la supposée unification prêchée dans un univers intrinsèquement pluriel depuis des millénaires, suppose l'aliénation, l'éclatement puis la disparition de dimensions culturelles et linguistiques nationales qui ne manqueront pas de provoquer la réaction de ceux qui se sentent atteints et menacés dans leurs êtres profonds. La situation récente de la Yougoslavie, de l'Algérie, l'atteste. En Yougoslavie, l'épuration ethnique et culturelle voulue par certains pour imposer leur culture et leur langue à d'autres, a fait une tragédie en provoquant des déchirements sanglants sans régler d'aucune façon le problème qu'il avait supposé vouloir régler, à savoir l'unification dans une langue et une culture serbes uniques, et cela doit nous servir de leçon. Par conséquent, le "dédoublement conflictuel" dont il est question ci-dessus, n'existe que dans le cas où certains voudraient imposer à d'autres ce qui les définit eux-mêmes et exclure le reste en usant de tous les moyens à leur disposition.

Le pluralisme culturel et linguistique est une réalité quotidienne dans de nombreux pays, telles que la Suisse et la Belgique, où la tolérance, la liberté et la justice l'emportent sur la ferveur idéologique creuse et qui pourtant ne vivent pas autant de déchirements que certains pays où l'appel à l'unification culturelle, linguistique ou religieuse, est des plus ardents car, dans les faits, chaque citoyen sent sa dignité et son identité respectée et protégée par la Constitution dans cette diversité qui ne nuit d'aucune façon à l'unité mythique et imaginaire que l'on voudrait nous imposer en éliminant certaines des dimensions culturelles et linguistiques nationales.

Souvent de tels personnages charismatiques, tel que celui ci-dessus, font appel à la religion, au sacré, afin d'imposer leurs opinions aux autres. C'est un mécanisme idéologique très efficace car dès lors que l'on parle à une personne de religion et de Dieu, elle a tendance à s'incliner et à accepter les opinions émises sans trop discuter. Un exemple est l'appel à l'unification culturelle et linguistique au nom de la religion musulmane. Une religion qui s'adresse à l'ensemble de l'humanité, quelles que soient leurs races, leurs cultures et leurs langues, une religion qui prêche la tolérance et l'entraide entre les êtres humains en général, devient un moyen de domination politique, culturelle et économique, au nom de Dieu, qui profite à certains au détriment des autres.

Quant aux nationalistes panarabistes qui posent comme théorème à démontrer le fait que les Imazighen sont des Arabes puisque "ce livre a pour objectif d'établir l'arabité des Berbères. Le chercheur a fourni un effort énorme pour montrer grâce à une argumentation ferme "l'enracinement des Berbères dans l'arabité"", il n'y a qu'à les lire ou les écouter pour s'apercevoir que leurs argumentations sont aussi fragiles que leur appel à l'uniformisation totale du pluralisme culturel et linguistique national, notre richesse collective. En effet, "la défense de cette thèse avait nécessité de lui [l'auteur] d'aborder divers domaines de la connaissance". Ainsi, il s'agit d'une thèse posée a priori, et non pas un résultat d'une démarche de recherche académique objective à laquelle un chercheur honnête et neutre a abouti grâce à des efforts, mais au contraire comme une conclusion idéologique et politique déjà prête et supposée véridique d'avance et qui nécessite de l'auteur de lui chercher des justifications historiques, linguistiques, culturelles, etc. Ce qui avait nécessité de l'auteur des efforts surhumains, comme la présentation de son livre le dit clairement, afin de donner des assises à une conclusion posée d'avance comme un théorème qu'il s'agissait de prouver.

Chacun des arguments avancés par l'auteur comme justification de sa thèse recèle une part de malhonnêteté scientifique. Chaque fois que la citation est en faveur de sa thèse, il le dit avec insistance et dans le cas contraire, il déforme, falsifie, afin d'aboutir à la conclusion voulue. En effet, pour contrer " les ennemis de l'arabité " tous les moyens, même les plus malhonnêtes scientifiquement, sont bons car les Barghawata qui avaient pu fonder un Etat amazigh indépendant de toute domination pendant quatre siècles au Maroc à l'encontre des idées arabes courantes de l'époque, n'avait pas existé parce que "la région au cours de sa longue histoire qui regorge d'événements majeurs n'avait jamais connu un leader qui aurait appelé à l'unité nationale des Berbères". Comment pouvait-on vérifier la véracité de ce "constat" si chaque fois qu'un "ennemi de l'amazighité " écrit l'histoire dans un but idéologique et avec un style digne des "colonialistes", nous ne fournit que les informations qui l'arrangent, celles qui vont dans le sens de sa thèse ?

Un autre, fait des efforts pour nous démontrer que les Imazighen ne sont que des Cananéens, "de sorte qu'il [un autre auteur] insiste que les Arabes amazighs de l'Afrique du nord sont d'origines cananéennes." Quelle est la preuve ? Une comparaison linguistique (philologie) simpliste empruntée au soi-disant docteur Ali Fahmî Khashîm, un arabiste libyen, qui a utilisé une méthode digne d'un enfant pour prouver une thèse aussi monumentale. Pour couronner le tout, il ajoute : "Quant à la fierté des Arabes de l'arabité d'Ibn Khaldoun, de Tarik Ibn Zyad, de Abbas Ibn Farnâs et d'Ibn Battûta c'est une chose très naturelle." Donc la fierté des chrétiens de l'origine gauloise, anglo-saxonne ou gothique de saint Augustin, de Juba II ou de Massinissa est une chose très naturelle, mais également très bizarre.

La démarche idéologique qui consiste à prouver que les Imazighen sont des Arabes est une recette colonialiste que les Français avaient déjà essayée, après les Romains et tant d'autres, pour réduire la dimension culturelle et linguistique spécifique aux Maghrébins à la dimension culturelle dominante militairement et politiquement. Chacun dans ses efforts pour arracher les faveurs des Imazighen à son camp n'hésite pas à réécrire l'histoire selon ses objectifs idéologiques établis d'avance en mettant en évidence ce qui l'arrange et en dissimulant le reste. Soyons donc vigilants car de telles tentatives ne font que dépouiller les Maghrébins de leur spécificité culturelle qui n'est ni orientale ni occidentale mais une amazighité authentique enracinée dans cette terre à jamais.

Je n'ai trouvé qu'un seul proverbe amazigh qui convient aux "ennemis de l'amazighité" qui ont écrit à ce sujet et qui est "uras ili imi timdelt ", "sa bouche fait défaut de fermeture". Puisqu'elle fait défaut de fermeture, ils vocifèrent en disant tout et n'importe quoi afin de nous convaincre, au nom d'un idéal creux et inventé de surplus, de l'inutilité de poursuivre le combat qui consiste à éviter notre ethnocide, ce qui est hors de question. La spécificité de l'identité maghrébine, matérialisée dans l'amazighité qui est enracinée dans l'histoire de l'Afrique du Nord et dans la réalité quotidienne de millions de gens sur des milliers de kilomètres et depuis des milliers d'années, ne pourra pas disparaître d'un coup de baguette magique sans laisser de trace et sans remuer la société à tous les niveaux.




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# Posté le samedi 02 août 2008 16:25

live&&&&&&&&&&&&&&

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# Posté le vendredi 01 août 2008 14:59